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Pensée mondialisée, conception locale

Alors que la technologie continue d'estomper les frontières, les architectes, les concepteurs et les marques de l'industrie du tourisme doivent trouver un équilibre entre la nécessité de rationaliser le processus de mise en œuvre à de multiples projets et les préoccupations environnementales et la culture locale.

Cela signifie de manière générale qu'ils doivent puiser leur inspiration aux quatre coins du monde. Une conception locale signifie de manière concrète un approvisionnement en matériaux – des éléments décoratifs aux appareils de plomberie – provenant de fournisseurs fiables dotés de solides réseaux de services locaux. Bien que les goûts et les coutumes varient grandement à l'échelle mondiale, les produits TOTO ont une chose en commun : un réseau mondial écologique et profondément enraciné allant de la production et de la distribution aux ventes et à l'entretien.

Comment les concepteurs et les clients collaborent-ils pour s'attaquer aux défis contemporains comme les changements climatiques, la pénurie d'eau et les droits de l'homme, pour n'en nommer que quelques-uns? Nous avons demandé à cinq concepteurs des principaux bureaux d'étude technique et esthétique du monde de nous expliquer comment ils relèvent ces défis modernes.

Former la meilleure équipe

Collin Burry est directeur de la conception chez Gensler, une société mondiale d'architecture, de conception et de planification dont le siège social se trouve à San Francisco. La société a travaillé à tous les types de conception, du nouveau siège social de Facebook situé à Menlo Park à la tour Shanghai, une tour de 632 mètres (2,073 pieds) située à Shanghai, en passant par le deuxième terminal de l'aéroport international de San Francisco. Pour monsieur Burry, la clé du succès est de former la meilleure équipe qui soit en puisant dans le vaste réseau de l'entreprise. « Nous offrons des ressources mondiales à chacun de nos clients et de nos projets, mais nous croyons que les meilleures conceptions s'appuient sur des connaissances locales que seuls les gens véritablement liés à un marché peuvent avoir », explique monsieur Burry, qui souligne que les équipes de sa société sont toujours menées par des talents locaux qui appliquent des leçons tirées des meilleurs ouvrages à l'échelle mondiale. Pour le projet de la tour Shanghai, Gensler a formé une équipe dynamique d'experts provenant de ses 11 bureaux répartis à l'échelle mondiale et menée par Jun Xia, originaire de Shanghai. « Le fait que Jun soit profondément enraciné à Shanghai nous a permis de créer un bâtiment hautement novateur qui représente un véritable symbole de l'ascension de la Chine comme puissance mondiale », explique-t-il.

Respecter l'authenticité culturelle et les préoccupations environnementales

Maintenir les normes élevées de l'entreprise en matière de qualité de conception et d'exécution de projet représente le plus grand défi de Sara Schuster, associée principale chez STUDIOS, un cabinet mondial doté de six bureaux dans le monde, dont celui de Mumbai, inauguré en 2012. « Chaque défi – de la délivrance des permis au respect des obligations légales, en passant par les capacités de construction et le développement de ressources locales allant des ingénieurs aux bureaux associés – doit être relevé par un investissement et un engagement à long terme afin d'offrir la meilleure qualité », explique-t-elle. « Il n'existe pas de solution miracle. » Sans oublier qu'avec le développement des compétences de sociétés de conseil locales, les concepteurs étrangers font face à une concurrence croissante des bureaux d'études locaux, bien que les collaborations soient aussi de plus en plus fréquentes.

D'une manière générale, madame Schuster constate que la tendance est à l'authenticité culturelle et à une plus grande durabilité, tant aux États-Unis qu'à l'étranger. Prenons par exemple le projet de développement résidentiel de Jaipur, en Inde. Comme le projet est situé sur un site célèbre adjacent à Statue Circle, un monument dédié à la fondation de la ville, STUDIOS s'est inspirée des points d'intérêts locaux, mais aussi des principes du Vaastu, une doctrine hindoue millénaire qui décrit la façon dont les lois naturelles influencent les habitations humaines.

Le site a été pensé comme une grille où sont réparties les fonctions spécifiques du bâtiment pour atteindre un équilibre naturel. STUDIOS a commencé par créer un plan concentrique avec des unités encerclant une cour intérieure qui, bien qu'efficace, n'offrait pas assez de ventilation ou d'espace extérieur, alors la conception a évolué pour inclure une cascade de terrasses individuelles échelonnées. Les cercles présentent une pente ascendante du nord-est au sud-ouest pour respecter la doctrine du Vaastu, alors que les résidences étagées font face à Statue Circle. Finalement, les pénétrations verticales continues de la tour concentrique étagée située à l'est apportent de la lumière et de la ventilation naturelle à l'intérieur de chaque unité, alors que l'installation hydrographique de la cour permet un refroidissement passif du complexe. Le résultat final représente un projet résidentiel qui respecte à la fois la culture locale et l'environnement.

S'adapter aux différences

La génération Y, dont les préférences en matière de voyage sont totalement différentes de celles des générations précédentes, représente l'une des plus importantes influences dans le débat mondial/local. Selon Julia Monk, première vice-présidente et directrice du service de conception touristique basé dans les bureaux de Shanghai de la société HOK, l’industrie hôtelière concentre ses efforts afin de s'adapter à ce style de voyage. Cette « génération dans le vent » à la fine pointe de la technologie préfère un style de voyage différent de celui de ses parents et elle est reconnue comme ayant des « besoins » et non des « désirs ». Alors que l'industrie du tourisme se targue habituellement de la qualité de son service, la mise en place croissante de la technologie des kiosques représente cette volonté d'adopter le type de rituel que préfère la génération Y. En fait, 36 pour cent des gens de la génération Y préfèrent procéder à l'arrivée à l'aide d'un kiosque automatique offrant peu d'interaction ou aucune interaction avec le personnel, comparativement à seulement 19 pour cent des voyageurs plus âgés. (Vous n'êtes pas convaincu? Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez fait un retrait auprès d'un employé de la banque et non d'un guichet automatique?)

Les hôtels adaptent des marques existantes ou en créent de nouvelles pour répondre aux besoins de la génération Y, qui cherchent constamment une gratification instantanée. « Les halls d'entrée se sont transformés en salle de séjour partagée, les chambres sont équipées pour s'adapter à une foule d'appareils électroniques, Internet sans fil gratuit est indispensable et les médias sociaux offrent instantanément des commentaires sur les hôtels », explique madame Monk. Son entreprise a travaillé avec la chaîne hôtelière Wyndham pour créer Tryp, une marque d'hôtels de moyenne collection axée sur la famille déjà bien établie en Europe et qui vient d'inaugurer son premier établissement américain à New York, tout près de Times Square. La marque propose des chambres avec des options comme des exerciseurs elliptiques ou encore des lits superposés pour les familles. L'hôtel TRYP Times Square a aussi créé un « hall social » à l'atmosphère jeune et branchée pour inciter les invités à socialiser dans le hall au lieu de rester cloîtrés dans leur chambre avec LobbyFriend, une application qui permet aux invités de rencontrer d'autres voyageurs et de communiquer avec eux.

Le défi pour les concepteurs du secteur du tourisme est cependant de répondre à la fois aux besoins de la génération Y, de ses parents et de ses enfants. Selon les principales agences de voyage, les voyages en famille multigénérationnelle comptent pour plus de 10 pour cent du total de leurs activités. Dan Austin, directeur d'Austin-Lehman Adventures, affirme que son entreprise a vu le nombre de voyages personnalisés décupler au cours des dernières années. « La taille des groupes varie du petit groupe de quatre personnes au grand groupe composé de 24 membres d'une famille », explique-t-il.

Garder l'esprit de marque

Alors qu'elle travaille à l'échelle mondiale, la plus grande tâche de madame Monk est de maintenir les standards de marque internationaux tout en s'adaptant à la culture et au mode de vie locaux. « Nous commençons chacun de nos projets en définissant une vision avec le client afin de bien comprendre le projet d'hôtel, mais aussi l'architecture et le site du projet », explique-t-elle. « Le processus nécessite beaucoup de recherches afin de s'assurer que notre compréhension de l'endroit n'est pas superficielle. » Par exemple, pour un récent projet à Changle, une trépidante ville située dans la province chinoise du Shandong, l'équipe de HOK a fait des recherches approfondies sur les communautés artistiques locales en commençant par une exploration indépendante et en finissant par un voyage de recherche dans la ville pour visiter des artisans locaux dans leur studio et pour admirer des traditions artistiques dans les musées. Elle a alors incorporé dans les aires publiques des éléments tirés des arts locaux de la sculpture sur pierre, de la laque, de la sculpture du liège et de la céramique.

Créer un centre social

Vétérane de l'industrie du tourisme ayant conçu son premier hôtel alors qu'elle était encore à l'université, madame Monk remarque que dans de nombreux pays du monde, les hôtels ne sont pas conçus exclusivement pour les voyageurs provenant de l'extérieur, mais comme des centres sociaux pour les collectivités locales. « Hyatt mise par exemple sur le développement d'un programme de repas et de boissons permettant aux membres des collectivités locales de divertir leurs amis, leur famille et leurs relations d'affaires », affirme madame Monk. La devise de leur service d'alimentation, qui est justement « Thoughfully Sourced. Carefully Served » (approvisionnement attentionné, service soigné), signifie un approvisionnement et un service d'aliments sains et de boissons aux invités et aux associés de Hyatt à la fois bons pour les collectivités locales et l'environnement. L'hôtel Park Hyatt de la chaîne à Toronto offre par exemple des options végétariennes et sans gluten dans tous ses menus, en plus de soutenir la vitalité des collectivités en s'approvisionnant de fournisseurs locaux. L'hôtel partage aussi ses connaissances dans les écoles, il soutient activement les marchés fermiers et commandite la participation d'écoles de cuisine locales à des concours culinaires.

Valoriser les traditions et les rituels locaux

Pour Shawn Sullivan, partenaire et chef d'atelier chez Rockwell Group, la clé de la collaboration de la société avec une marque mondiale comme Nobu, la chaîne de restaurants japonais de grande renommée, est la compréhension et la valorisation des rituels et des traditions propres à l'emplacement de chaque projet. La société a collaboré avec Nobuyuki Matsuhisa afin de concevoir 16 restaurants Nobu, dont 10 aux États-Unis et six à l'étranger. « En tant que concepteurs, nous devons anticiper la façon dont les invités utiliseront les lieux », explique-t-il. « Les propriétaires et les exploitants adoptent une approche différente. Nous insistons ainsi sur la façon dont nos clients interagiront avec leurs invités, sur les rituels qui devraient être créés et sur la façon de penser les cuisines. » Il y a toujours eu une tendance à ignorer ou à simplifier les différences locales pour créer un esthétisme mondial uniforme. L'équipe de conception de Rockwell tend cependant à célébrer les caractéristiques et les cultures locales dans son travail. « Les gens souhaitent visiter des hôtels et des restaurants qui incarnent l'authenticité de chaque emplacement plutôt que de vivre une expérience de conception qu'ils ont déjà vécue », explique monsieur Sullivan.

Ce qui intéresse le plus monsieur Sullivan est d'étudier chacun des détails qui font l'unicité d'un endroit, en plus de profiter des techniques et spécialités de construction profondément ancrées dans les traditions et l'artisanat locaux. « La Grèce possède par exemple une longue histoire de sculpture sur pierre, alors que l'Asie recèle d'incroyables ouvrages de menuiserie, d'ébénisterie intérieure, d'artisanat et de laque », explique-t-il. C'est une sensibilité esthétique qui se transpose à différents contextes du monde. Le restaurant Nobu de l'hôtel InterContinental de Hong Kong donne par exemple l'impression de flotter sur le détroit adjacent de Victoria Harbor et la conception de son plafond est profondément ancrée dans la joaillerie cantonaise. Il est composé de 450,000 épines d'oursin arrangées en un motif fluide rappelant les vagues qui reflète avec poésie l'eau qu'il surplombe.

Le Rockwell Group a aussi récemment terminé le tout premier hôtel Nobu situé au Caesars Palace de Las Vegas et pour le restaurant de l'hôtel, il souhaitait créer une atmosphère grandiose où le Tout-Vegas se rassemblerait pour faire un clin d'œil à l'élégance luxueuse de la ville. L'équipe a dématérialisé les murs pour permettre aux invités de voir les autres manger, elle a conçu un bar surdimensionné aux lignes courbes et elle a opté pour des écrans cinématographiques tissés enveloppants de 20 pieds pour séparer le restaurant du casino.

La tendance visant à puiser dans les coutumes et traditions locales n'est pas près de disparaître et elle prendra plutôt de l'ampleur : « tous les clients de l'industrie souhaitent créer un vrai sentiment d'appartenance à l'endroit où ils se trouvent, explique Collin Burry. Une boutique de San Francisco doit incarner l'essence de la Bay Area, alors qu'une boutique pour le même client située à Mexico devra s'adapter à la ville de Mexico. »

Défis contemporains, solutions intemporelles